une simple mise à jour? (French)

adidas adizero Adios 7 (140€)



Introduction

Lancé dans une refonte totale des emblématiques modèles Adizero (Boston 10, Takumi 8, Adios), Adidas sortait l’an dernier l’Adios 6, qui marquait une franche rupture avec ses prédécesseurs. A grands coups de mousse Lightstrike Pro, parfois combinée avec la Lightstrike, Adidas faisait table rase du passé et proposait alors une gamme plus épaisse, plus amortie, plus dynamique, et avec un fit un peu plus relax.


Ces changements ont clairement modernisé la gamme, et l’ont rendue moins agressive (pour les Adios et Takumi principalement), plus versatile, bien qu’ayant un peu perdu de gniaque dans l’opération.

L’Adios 6 a été un vrai coup de coeur pour moi l’an dernier. Excellent compromis entre le dynamisme et le confort, les deux mousses d’Adidas travaillaient bien de concert pour offrir une chaussure vivante, énergique, mais aussi fluide, flexible, et qui s’adapte très bien aux différentes foulées – plutôt orientées médio-pied. Bref  un excellent modèle pour les entraînements “tempo”. Le prix contenu et la durabilité de la chaussure venant terminer un tableau très positif.


Sur cette version 7, Adidas s’est concentré sur l’empeigne en conservant identique tout le reste – pourquoi changer ce qui fonctionne si bien?

On retrouve donc une tige qui ressemble pas mal à celle présente sur les modèles les plus haut de gamme, en Celermesh, mais qui n’est pas présentée comme telle. Quoi qu’il en soit, le modèle perd 20g dans l’opération, tout en étant plus respirant.


Voyons dans le test si ce changement n’apporte que des points positifs.


Pour:

  • 20g de moins par chaussure!

  • Très stable

  • Dynamique, mais souple et transitions très fluides

  • La polyvalence: en dehors des extrêmes, elle couvre très bien toutes les allures

  • Mousse LSPro avec beaucoup de rebond, mais la foulée reste “sous contrôle”

  • Nouvelle tige très respirante, fine et assurant une bonne tenue

  • La semelle Continental, une valeur sûre.

  • Passe très bien sur les chemins grâce à sa stabilité et à la semelle


Contres:

  • Les inserts au dessus des orteils sont trop rigides et viennent appuyer contre ceux-ci, créant de gros frottements et arrachages de peau

  • Géométrie très classique à l’heure des plaques et semelles incurvées: vos chevilles et mollets vont devoir bosser! (pas forcément une mauvaise chose!)

  • Moins protectrice que les chaussures modernes sur les sorties longues.

  • Peuvent sembler un peu fermes sur les 40-50 premiers kms.

Statistiques

Poids de l’exemplaire: 236g (US10.5/ 44 ⅔)

Stack: 32mm talon / 24mm meta

140€. Disponibles en Europe chez notre partenaire Top4Running ICI

Profil Testeur

Jeremy: Paris, France

40 ans, Coureur depuis 2013, avec pas mal de trails de tous formats, de 30kms à 160kms. Peu intéressé par les chronos, ma seule vraie référence sur route est 36´25 sur 10kms et un marathon solo en 2:54.

Borneur compulsif (70-120kms par semaine), je suis passé progressivement vers le triathlon depuis 3 ans pour varier un peu les plaisirs.


Premières impressions

Jeremy:  J’ai toujours aimé le look des Adizero, avec l’aspect légèrement rétro que donnent les inserts en faux daim, le choix des couleurs ou la mise en avant des 3 bandes. Et l’Adios 7 ne déroge pas à la règle, surtout dans ce coloris qui mèle avec gout blanc, noir et gris clair. Je l’avais déjà dit pour l’Adios 6, et je trouve que cela se ressent encore plus sur ce nouveau modèle.


Le chaussant est similaire à celui de l’Adios 6, en dépit de la toute nouvelle tige utilisée. Le talon est toujours parfaitement maintenu malgré la perte d’un peu de rembourrage, la languette est tenue de chaque côté par une bande de tissu élastique ce qui permet un enfilage facile, et qui la maintient bien en place. 


A l’avant du pied, les orteils ont de la place, une tendance qui se généralise chez Adidas et pas mal d’autres marques, y compris sur les modèles axés performance. Les orteils ne sont pas écrasés, peuvent s’étaler et travailler un peu à la stabilité, c’est agréable.

Les sensations sont donc très proches de l’Adios 6.



L’Adios 7 peut sembler plus pointues que la 6 à l’avant, mais c’est l’insert en suédine qui donne cette impression. 


Elle taille exactement comme la version passée, mon habituel 44 ⅔ me va donc à ravir, avec ce qu’il faut de longueur supplémentaire à l’avant.


Au niveau du coup de pied, on retrouve le même fit qu’avant, proche du pied, avec un volume suffisant pour ne pas contraindre les pieds les plus forts. Le tissu étant moins structuré que le mesh de l’an passé, Adidas a ajouté des bandelettes un peu plus épaisses sur la face interne afin de conserver un bon maintien, ce qui s’avère efficace en dépit de la finesse du mesh. En comparaison, la tige est plus structurée, et plus ajustée que celle de l’Adios Pro 2.


On retrouve aussi le gimmick des œillets alternatifs de l’an passé. Si l’intention est bonne, dans les faits, ça me semble pas indispensable: le fit est très bon et précis comme ça, avec assez de « jeu » pour s’accommoder de différentes formes de pied.


Le laçage a gardé le même petit défaut vu l’an dernier: il est est délicat à régler, et demandera quelques ajustements lors des premières sorties, d’autant que les lacets coulissent difficilement. Le bon côté, c’est qu’une fois le bon réglage trouvé, ça ne bouge plus!



La languette a été pas mal modifiée. Elle est maintenant plus fine, et n’est rattachée à l’avant de la chaussure que par une bande plus fine, élastique (la bande blanche à la base de la languette sur la photo ci-dessous).



Malgré sa finesse, elle protège parfaitement le pied de la pression des lacets qui ne se font pas sentir.


La nouvelle tige ressemble pas mal au Celermesh que l’on trouve sur les Adios Pro ou Takumi Sen 8, mais n’est pas vendu comme tel par Adidas. C’est un « simple » engineered mesh mono épaisseur, très fin, aéré. 


Il est le principal responsable de la substantielle perte de poids de cette 7ème version de l’Adios: 20g de moins, ce qui porte mon exemplaire en 44 ⅔ à 236g, soit dans la moyenne plutôt basse des tempo trainer, surtout à ce tarif!



SI je n’avais pas à me plaindre de la respirabilité du mesh de l’Adios 6, je dois dire que cette nouvelle tige est un bon cran au-dessus. Sa structure est comme grillagée, très fine, et pourrait faire un peu penser à l’empreinte en Matryx des Salomon Phantasm (la SLab ou la version 2022). Espérons qu’il soit aussi résistant.


Tout ça semble excellent, jusqu’à mes premières foulées et l’apparition du gros problème de cette refonte de l’empeigne: les inserts ajoutés sur le dessus du pied, en plastique assez rigide, s’accommodent très mal de la flexibilité de la semelle et viennent créer des points de frottement sur les orteils.

Autant les bande latérales remplissent leur rôle de maintien de façon totalement transparente, compensant parfaitement la flexibilité accrue du nouveau mesh, en étant plus épaisses et un peu plus rigides que celles de l’an dernier, autant ces deux bandes grises sur le dessus du pied, dont je ne parviens pas à trouver l’utilité, m’ont causé deux magnifiques blessures sur le dessus des orteils.



Les fameuses 3 bandes sont cette année plus rigides aussi, toujours dans un souci de maintien accru, et rejoignent la base des œillets pour former un ensemble efficace pour la tenue du coup de pied.


Les deux nouvelles bandes rigides à l’avant sont par contre une énigme. La toe box n’a pas besoin de structure supplémentaire, les orteils n’ont pas besoin d’être tenus…


Je suis pourtant assez peu sensible aux ampoules et blessures de ce type, mais en l’espace de deux sorties, ces inserts ont réussi à arracher la peau de mes deux orteils. Et je n’ai pas senti d’amélioration au fil des kilomètres: ces inserts ne se sont pas assouplis.


Oui, ces traces rougeâtres sont bien ce que vous pensez…après 20kms…

Cela ternit clairement un tableau autrement idyllique, tant l’ajustement, la légèreté et la tenue du pied étaient au-dessus de tout reproche.


Semelle intermédiaire

On ne change pas une équipe qui gagne: on retrouve exactement la même construction que l’an dernier avec ce mix de Lightstrike au talon, plus ferme, dense, très stable, surplombée d’une couche de Lightstrike Pro sur toute la partie avant de la chaussure, avec de donner du rebond, du moelleux et du retour d’énergie à une chaussure plutôt pensée pour envoyer, de préférence avec une attaque médio-pied.


La stabilité est excellente, d’une part grâce à la mousse Lightstrike qui se tient très bien, même si elle semblera un peu ferme au départ, présente en une épaisse couche au talon, mais aussi grâce à la classique pièce de plastique Adidas Torsion.


Comme pour l’Adios 6, la mousse LS Pro est nichée dans un berceau de mousse Lightstrike à l’avant, afin de la contenir un peu et de limiter son écrasement, toujours dans un souci de stabilité accrue.


La pièce plastique sous le médio-pied s’étend assez loin à l’avant sous sa forme de fourche, avec une partie plus longue sous le gros orteil. En dehors de la stabilité, cela apporte surtout une transition très contrôlée et dynamique jusqu’à la poussée finale, conservant de fait le même caractère fluide et énergique de l’Adios 6.


Cette combinaison d’une mousse super critique et d’une EVA plus classique se retrouve de plus en plus fréquemment (la Puma Velocity Nitro par exemple), mais elle est rarement aussi bien mise en oeuvre que sur l’Adios, où les deux mousses s’accordent parfaitement en apportant chacune leur qualité sans étouffer l’autre.


 

Semelle externe

Rien de particulier ici, la semelle est en tout point identique à celle de l’an dernier. 

Reposant toujours sur la gomme Continental qui a fait ses preuves depuis des années, elle assure une accroche sans faille quelque soit le terrain, et sa relative rigidité vient encore apporter un surplus de stabilité sur les terrain irréguliers.


De fait, l’Adios ne rechigne pas à sortir de la route pour aller sur les chemins par trop techniques ou elle sera particulièrement efficace.


Le seul inconvénient de la gomme Continental est son caractère « claquant », surtout sur les 100 premiers kilomètres. Après cela, elle semble s’adoucir un peu, sans perdre en accroche.

Du point de vue durabilité, rien à craindre de ce côté. Ma paire d’Adios 6 approche les 500 km et la semelle n’est que très partiellement usée, sachant que j’ai tendance à user les semelles assez rapidement.


A gauche, une Adios 6 à 500kms, à droite, une Adios 7 neuve.

Sur la route


Cette partie pourrait être un parfait copié-collé de mon test de l’Adios 6 (Lire le test), ou de celui d’Adam (son test en anglais), avec lequel j’étais totalement en phase. 


Le talon un tantinet ferme, avec néanmoins une bonne absorption des chocs, est correct, mais l’Adios brille surtout par toute sa partie medio et avant pied, encore plus quand on commence à augmenter un peu les allures. L’apport de la couche Lightstrike Pro se fait clairement sentir, apportant du moelleux là où les anciennes Adios restaient très fermes, claquantes, mais elle apporte surtout du rebond.


Combiné à la pièce en plastique sous le pied, qui reste flexible, cela donne une foulée très fluide, avec une transition sans à coup depuis la pose du pied jusqu’à la poussée des orteils, le tout dans un confort ferme, très germanique dans l’esprit.


A l’époque des chaussures épaisses, rigides, plaquées, cette version plus classique utilisant à bon escient une fine couche de « super mousse » est finalement assez rafraîchissante.

Cela sera évidemment plus exigeant pour les mollets, les chevilles. Évidemment, les jambes seront un peu plus marquées après les longues sorties remplies d’allure tempo, par rapport à une Nike ZoomX Tempo, ou même une Topo Specter (test anglais).


Mais retrouver ce contact un peu plus direct avec ses foulée, le sol, est assez engageant.

La chaussure est très joueuse, très vivante. On sent que l’on est sous contrôle, sans devoir forcer sa foulée pour que la chaussure « fonctionne » (je pense à la NIke Tempo par exemple), tout en restant plus protectrice, plus sérieuse qu’une Puma LIberate par exemple, uniquement composée de NItro foam et archi flexible, manquant du coup de support pour les sorties les plus longues.


Ajoutons à cela la semelle qui permet d’attaquer dans les virages ou sur la poste sans se soucier de l’adhérence (comme les…Puma Liberate ou Velocity, encore elles!), et l’on pourrait penser une l’on tient la « tempo trainer » accessible de l’année…



Toutefois, comme j’en ai déjà parlé, ce magnifique ensemble est gâché par ces satanés inserts au dessus des orteils.Quand après les 10 premiers kilomètres de ma première sortie j’ai commencé à sentir ces points de pression, je ne me suis pas trop inquiété…mais…mais le retour à la maison avec deux belles blessures avait éveillé quelques soupçons…confirmés par la 2eme sortie, avec des chaussettes différentes. Le retour fut assez désagréable, comme les jours suivants…


Espérons que cela soit propre à mon exemplaire ou à une série de production, et pas au modèle…ou bien que cela ne vienne de ma forme de pied, car ça a vraiment coupé court à mon enthousiasme.


Conclusions/Recommendations


Jeremy: Tout laissait penser à une excellente mise à jour, avec pas mal de poids en moins, une tige plus respirante, plus flexible, au maintien toujours aussi efficace, la même semelle intermédiaire, garante d’une expérience de course qui m’avait séduite l’an passé. Mais ces deux minuscules pièces de plastique m’ont clairement fait ranger la chaussure au placard après le test. Aussi excellente soit la plateforme et l’impression dégagée par la chaussure en course, terminer avec les orteils sans peau et collés aux chaussettes ne me plaît pas spécialement (les séances de course suivantes et de natation ont été…sympa!).

Ce seul détail gâche, pour moi, un excellent modèle, efficace, versatile, durable qui a tout pour être un hit. Espérons que ce soit un incident isolé sur mon exemplaire.


Le score final tient compte de ce point, mais pas les notes individuelles, pour mettre l’accent sur la qualité de la chaussure indépendamment de ce point peut être personnel.

Jeremy’s score: 8 /10

Ride: 9 Fit : 9 Value: 9 Style: 9 

😊😊😊😊


Comparaisons


Adidas Adios 6 (Test anglais , test français)

Même feeling en course, fluide, dynamique, « facile », amorti, même accroche, même chaussant au maintien irréprochable, mais pesant 20g de moins, plus aérée, l’Adios 7 est une mise à jour parfaite….Si ce n’était ces fichus inserts….


Salomon Spectur (Test anglais, test français

Une chaussure du même type: faite pour les entraînements rapides, plutôt ferme, mais la Spectur est un petit raté. Trop lourde, trop ferme, sa géométrie fait qu’il faut vraiment beaucoup d’engagement pour réussir à mettre en oeuvre sa lame Energy Blade, et la couche inférieure de mousse est trop ferme et masque totalement le rebond que pourrait apporter la mousse Energy Surge. Du coup aux allures plus cool, elle est étrange, la transition du talon vers l’avant ne fonctionne pas (alors qu’elle est pensée pour ça) et l’Adios 7 s’en sort finalement mieux. La tige est beaucoup trop épaisse, et chaude. Elle sera un peu plus amortie, et probablement au moins aussi durable, pour 20€ de moins.


Saucony Kinvara 10 (Test anglais)

La Kinvara 10 peut sembler vieille, mais finalement, même sa dernière itération, la 13, reste dans a même veine: une chaussure légère, flexible, à l’aise sur les sorties tempo, avec une épaisseur proche de l’Adios et un poids similaire. Une bonne « chaussure à tout faire », surtout si c’est rapide. 


Plus moelleuse que l’Adios, elle sera aussi plus à l’aise avec les allures les plus souples, grâce à sa plus grande flexibilité. Mais dès qu’on haussera un peu le rythme, ou si l’on préfère un confort plus ferme, l’Adios se détache et devient bien plus plaisante, vivante et dynamique. Bref, ce que l’on gagne en confort, on le perd un peu en retour d’énergie. La Kinvara pourra servir sans souci à des de sorties récup, là où l’Adios sera moins à son aise.

L’Adidas sera aussi bien plus durable, grâce à sa semelle externe bien plus couvrante et utilisant une gomme bien plus résistante.


Puma Velocity Nitro 1

La Velocity Nitro pâtissait déjà de la comparaison avec l’Adios 6, ce constat ne s’est donc pas arrangé avec la 7, plus légère et aérée que sa devancière.


Beaucoup plus légère, l’Adios est une parfaite illustration d’une bonne combinaison entre une mousse EVA classique et une super mousse, alors que la Velocity NItro m’avait laissé assez tiède, étant trop rigide, avec une transition difficile, et son excellente mousse NItro Foam, tellement appréciée et vivante sur la Liberate, complètement masquée par l’EVA autour.


Mon test adios 7 en anglais: ICI

Index de tous les tests RTR: ICI

I

Le produit testé est fourni gratuitement par Top4 Running et adidas

Les avis exprimés sont ceux des auteurs et n’engagent qu’eux. Road TrailRun à des partenariats d’affiliation et peut toucher une commission sur les produits achetés par le biais des liens d’affiliation dans cet article. Ces partenariats n’influencent pas notre contenu éditorial. 


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